Regard intérieur

Voilà, prêts pour la suite ? Voyons où va nous guider la PEA aujourd’hui…

Ah … Oui !... Je vous parlais de regarder à l’intérieur de nous-mêmes les effets produits, ou pas, par l’écoute de l’autre, et de l’authenticité nécessaire à cette démarche.

Impossible d’accompagner l’autre vers sa guérison, une liberté d’être, et tout au moins un meilleur état d’être, si nous-mêmes n’avons pas accompli notre propre chemin dans ce sens. Bien sûr !... C’est qu’il ne s’agit pas de discours !

Cela ne veut pas dire que nous sommes des êtres accomplis, cela veut dire juste que nous sommes en chemin, que nous avons commencé à tracer notre propre chemin et que nous en avons une certaine expérience qui offre la possibilité d’accompagner quelqu’un qui le souhaite à la découverte de ses propres recours et modes de résolution. C’est ce que nous avons appelé le rôle de l’aîné.

C. Rogers exprime cela avec toute sa bienveillance ! Il raconte comment d’avoir éclairci un tant soit peu ce que nous ressentons, nos modes de fonctionnements émotionnels, nos façons d’être ou de ne pas être en relation et dans la relation,  crée un espace pour communiquer sur le mode empathique avec quelqu’un, quel que soit ce quelqu’un, bien sûr, puisqu’il n’y a aucun jugement de valeur porté sur lui.

Les personnes qui sont des aînées de la PEA aujourd’hui, savent bien comment ça se passe : au fil des blessures et souffrances visitées, pansées, tout doucement guéries, elles se sont apprivoisées à la vulnérabilité, à leur vulnérabilité, leur fragilité intérieure. Sans complaisance, mais avec douceur et détermination, elles ont vu ce ressenti se tisser avec le discernement et une tendresse à leur propre égard, à l’égard de la personne blessée en elles. C’est ainsi que le cœur s’ouvre et reconnaît aussi la personne blessée en l’autre. C’est ainsi que naît le mouvement empathique.

Aujourd’hui je dirais bien même que ce n’est pas le mouvement empathique qui naît, mais la conscience claire que nous ressentons de l’empathie pour les autres et qu’elle nous rend aptes à accueillir l’autre dans ce qu’il est, sans le juger, car, ce qu’il est, tente de protéger et panser les blessures qu’il porte. Ceci signifie que l’empathie existe chez chacun depuis toujours mais qu’elle est recouverte par des voiles, des souffrances. Tout au moins y a-t-il un germe d’empathie en toute personne et selon son chemin, son existence, ses propres mouvements existentiels (tendances), son pictogramme karmique etc… le germe croît ou reste plus ou moins en l’état.  

Nous y voilà donc: aucun jugement porté sur lui !!! C’est ce qu’il nomme « neutralité bienveillante ».

La neutralité bienveillante va avec le mécanisme de projection et ce mécanisme avec la saisie. C. Rogers va décrire comment il laisse à l’autre ce qui lui appartient, comment s’il est interpellé dans ses propres mécanismes il en a conscience, le voit et ne se laisse pas alors happer. Le discernement est là qui s’exerce en interne pendant l’écoute, comme un mouvement (devenu) instinctif accompagnant la relation. Il a exercé sa vigilance, son attention et c’est ainsi que le mouvement apparaît instinctif.

Le lâcher prise intervient dès le discernement exercé, parfois quasi en même temps, parfois en même temps…

 

Quand c’est en même temps il y a tout de même eu encore un mouvement d’appropriation de ce que l’autre vit, raconte, ressent mais il est tout de suite vu et lâché ou plutôt défait, dissout.

Nous le savons bien dans la pratique : s’il y a nécessité de lâcher prise, c’est qu’il y a eu prise, c’est-à-dire saisie, appropriation.

 

Prenons le temps ensemble de revoir cette histoire de saisie si vous voulez bien, telle que la PEA l’aborde aujourd’hui.

Dès la naissance du petit d’homme, est vérifié le réflexe d’agrippement. Vous savez quand on donne le doigt au nouveau-né et qu’il s’y accroche, qu’il le serre. C’est ce qu’on appelle le réflexe d’agrippement.

Ce réflexe se poursuit ensuite par la tendance à agripper tout ce qui est à portée et nous continuons ce mouvement toute la vie. Par exemple : nous voyons quelque chose de nouveau et de joli et nous nous en approchons pour le saisir, le toucher. Il y a même des magasins où il nous est demandé de ne pas toucher, tant c’est un geste fréquent et « naturel » pour nous. Nous avons besoin de toucher pour savoir si un objet nous convient ou pour tout simplement le connaître.

Le toucher fait partie de nos modes d’appréhension, nous reniflons, sentons l’odeur, regardons, écoutons, goûtons si nécessaire, et touchons. Tous nos sens se mettent à fonctionner dès que quelque chose se produit, se montre, survient.

Quand nous avons vu, senti etc… et cela se fait souvent très rapidement, nous allons toucher, saisir l’objet à découvrir et quand je dis objet cela peut aussi bien être une personne, une émotion, un sentiment, une situation… Nous saisissons comme par réflexe, nous agrippons… Nous nous agrippons, parfois comme le tout petit agrippe les cheveux et emmêle ses doigts dedans. C’est quasi réflexe, et pour tout ce qui se produit autour de nous, pour tout ce qui se montre.

En travaillant sur nous-mêmes et ces aspects, nous découvrons qu’il y a un laps de temps, d’abord très court mais discernable et peu à peu plus distinct, où nous avons le choix de saisir, ou de laisser passer.

Voyez donc à quel point nous sommes dans une sorte de réflexe de saisie depuis notre naissance et comment cela fait partie de notre pictogramme d’être humain, de notre panoplie, tant et si bien que nous ne pensons même pas à interroger ce fonctionnement, et encore moins à nous en départir… sauf quand nous commençons à en souffrir.

 

La suite de cet exposé n’est pas longue mais il me semble opportun, à cet endroit précis, de laisser l’espace à la réflexion sur ce réflexe d’agrippement, sur la saisie. Vos commentaires, questions, questionnements etc… sont les bienvenus.

 

Anne-Marie

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